Pas
japo-niaits
Je
me suis laissé dire que certains d’entre-vous ne maîtrisaient pas parfaitement
la technique de fabrication et l’installation des pas japonais…en désespoir de
cause, vos démons ont confiés votre dressage à mes mains expertes.
Je
ne vous cache pas que c’est une tare épouvantable, la seule circonstance
atténuante que je puisse considérer en ce cas, c’est qu’après tout, vos maîtres
estiment que des dispositions pour vous améliorer sont encore possibles!
On
ne rigole pas vous autres à l’arrière,
j’en ai maté de plus retors ! J’exige le silence complet et une attention
de tous les instants.
Sinon,
vos notes de fin de trimestres vont en souffrir et vos maîtres devront
peut-être se résoudre à vous envoyer chez le vétérinaire, pour vous endormir
une fois pour tout.
Voilà,
c’est dit, rien de tel qu’une bonne mise au point pour bien démarrer, n'est-ce
pas ?
Maintenant
les choses plus importantes :
Les
pas japonais
On
en distingue de deux types principaux : formels et informels
Les
pas formels (Shin) sont construits à partir de matériaux ouvrés, on les
reconnaît aisément parce que la main de l’homme y est clairement visible. Ils
ont des formes qui ne sont pas naturelles.
Les
pas informels, (Sô) sont tout à fait à
l’opposé, c’est dire que ce sont soit des matériaux utilisés tels qu’ils sont
dans la nature ou qui en donnent l’impression.
En
résumé, une « vraie pierre » mais taillée au burin ou à la scie est
une pierre formelle.
Une
fausse pierre, mais travaillée pour lui donner un air naturel est considérée
informelle.
Facile !
Compliquons
donc un peu, il existe aussi un état intermédiaire ; Gyô (semi-formel) une
pierre dont la face supérieure serait naturelle et un ou deux côtés taillés
appartiendrait à ce type.
Chers
étudiants je vous invite à regarder à l’arrière, oui LUI là, celui qui écoutait pas tout à l’heure et qui, OUI, a trouvé le moyen de rater le test et Non, les égratignures sur sa personne, c’est
pas vraiment accidentel.
Maintenant,
pendant que tout le monde est encore bien attentif, nous discuterons maintenant
la pose de ces mêmes pas japonais. Le style de disposition répond également aux
mêmes critères Shin Gyô et Sô.
Le
tracé de type Shin est formé de lignes droites ou de courbes régulières avec un
espacement régulier entre les pas.
Le
type Sô serait parfaitement irrégulier (aléatoire, mais permettant quand même
la marche) que se soit par la distance entre les pas que par la direction des
tracés.
Le
tracé de type Gyô, vous l’avez compris, comporte des combinaisons des deux
types précédents. Ce pourrait être une succession aléatoire de tracés formels
ou une succession formelle de tracés aléatoires.
Bon,
je sais que ce n’est pas vraiment très facile à visualiser pour un humain,
mais, forcez-vous que diable!
Vooooooooilà,
c’est mieux!
Je
m’en voudrais de ne pas vous dire que les tracés, qu’ils soient de Type
Shin,Gyô ou Sô peuvent être élaborés à partir de « pas » Shin, Gyô ou
Sô.
Soit :
un tracé Shin avec des pas Shin, Gyô ou Sô.
Un tracé Gyô avec des pas Shin, Gyô
ou Sô.
Un tracé Sô avec des pas Shin, Gyô ou
Sô.
OK,
c’est l’heure du contrôle, ceux qui ratent vont avoir affaire à moi, oui, vous
là, derrière. Surtout vous! Grrrrr!
Je l’ai toujours pensé, quelques morsures
bien placées maintiennent un degré d’attention élevé…
D’ailleurs,
tout le monde a la note de passage!
Nous
poursuivons donc avec la mise en forme de l’hypertuffa, un matériau noble qui…
Comment
ça, vous ignorez c’est quoi de l’hypertuffa? (Lien vers chronique hypertuffa)
La
technique de l’hypertuffa est un prérequis pour assister à ce cours sur les pas
japonais.
Allez
vous instruire et revenez-moi ensuite, nous poursuivrons…
Un
an plus tard….
Maintenant
que vous maîtrisez la technique de l’hypertuffa, nous pouvons passer aux choses
sérieuses!
Un
petit court sur la fabrication de pas japonais.
Oui je sais, le titre c’est : pas
japoniaits, je pensais que vous aviez deviné pourquoi…
Ainsi
que le disait un de mes ancêtres; Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement
et les mots pour le dire viennent aisément…
Primo :
on creuse un trou
Secundo :
on remplit avec de l’hypertuffa
Tertio :
on attend que ça prenne
Quarto :
on retourne et on gratte, vous n’avez pas de griffes ! Ce n’est pas grave,
prenez autre chose !
Non
madame, y a pas de « Fôte d’auto-graphe » je disait : « Un
petit court », il est petit et court….C’est clair non ?
Comment?
Pas
assez explicite ?
Vous
vous moquez ?
Tout
le monde ici à compris, n'est-ce pas ?
N’est-ce
pas?
Bon,
ne répondez pas tous en même temps, on ne comprend rien, que dis-je, on
n’ENTEND rien !
Personne
n’a compris!
Ne
me dites pas que je vais devoir tout vous expliquer avec des petites images,
des plans, des animations et tout le tremblement…
Ça
m’apprendra à enseigner à des humains, tiens… jusqu’à la lie, je boirai dans la
coupe vermeille fut-ce celle d…. Tant pis, allez, on recommence.
A
l’aide d’une pelle ronde on creuse des cuvettes dans le sol, sauf usages
particuliers, les diamètres devraient être compris entre 10 et 16 pouces. Plus
petits, les pas seront difficiles à stabiliser, plus grands, ils seront trop
visibles et aussi trop lourds.
La
profondeur devrait représenter au moins 20% de la plus grande largeur, soit 2-3
pouces d’épaisseur moyenne. Pour des questions d’ordre pratique, maintenez au moins 1pouce et demi
en périphérie pour la solidité et demeurez sous les 5 pouces au point le plus
haut pour éviter les pentes trop fortes qui rendront la marche difficile.
Les
sols argileux et plutôt dur conviennent mieux pour faire des moulages. La
présence de petits cailloux, de débris ou de racines sont aussi des conditions
favorables. Les sols sablonneux ou trop mous ne tiennent pas en place et il
devient difficile de sculpter et maintenir la forme souhaitée.
Il
est également possible de se faire une boite de bois de la remplir de terre de
compacter cette dernière et de créer un trou disons portatif…
Surtout,
il faut vous rappeler que le fond du
trou deviendra le dessus de votre « pas japonais »
C’est
important surtout au moment d’y placer l’hypertuffa, pour créer des variations
de teinte réaliste.
Je
m’explique.
Nous
avons déjà vu comment colorer l’hypertuffa, pour réaliser des pas naturels, il
vous faudra produire des quantités d’hypertuffas de plusieurs teintes plus ou
moins voisines. Selon l’effet recherché vous devrez les malaxer entre eux et
déposer le mélange au fond du moule pour qu’au retournement vous ayez le
résultat bien visible. On comprend que ce qui se trouve au centre du pas est
invisible à l’œil, donc remplissez ce centre avec n’importe quoi, du bête béton
convient aussi.
Vous
continuerez le remplissage jusqu’au rebord de votre moule en tassant bien et
lisserez la surface avec une truelle.
Le
lendemain, il vous suffira de dégager le pas avec un quelconque levier, de le
retourner et de le brosser ou de le gratter avec l’outil de votre choix.
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